Je suis en plein dans le maelstrom de réactions à la loi sur l'égalité des chances, notamment sur le contrat CPE. Lycéen et étudiants, ma scolarité se passe dans un lycée et au regard de la loi je suis étudiant, je joue sur 2 tableaux.
Voici l'occasion pour moi de m'investir, non pas dans la politique, mais dans la vie citoyenne avec tout ce que cela comporte de contraintes et de désagréments. Etablissements bloqués, démocratie bafouée, violences urbaines, moquerie et insultes, voilà ce à quoi sont confrontés les chevaliers de la justice. Moi orcusnf, ai adhéré à cet ordre occulte dès le début et n'ai jamais dévié de ma ligne de conduite.
Mercredi 8 Mars : réunion des délégués de classe ( plus de 100) avec une journée d'avance et sans consultation des élèves. Evidemment, peu de délégués ont répondu présent, pris au dépourvus, et n'ont en fait exprimé que leur avis personnel. Voilà une preuve que les délégués ne servent à rien dans l'état actuel des choses, intermédiaires entre la classe et les professeurs, on les considere comme des députés. Or, nous savons bien qu'ils ne sont pas élus pour leur idées, et qu'il n'est pas rare d'y retrouver les cancres. La popularité prévaut sur la compétence, alors ils ne doivent plus voter. Surtout qu'il est incompréhensible de les faire voter pour une femeture, alors que cette mesure est illégitime.
Jeudi 9 Mars : blocage des portes du lycée au moyen d'antivols et de chaines, avec un soutien d'environ 150 élèves. Devant une telle démonstration de force, les troupes du droit devront reculer.
Vendredi 10 mars : même scénario, recul des troupes, mais stratégie de guérilla avec des discours pro-cpe, qui ne convainquent pas.
Lundi 13 Mars : affrontement des 2 armées. Un délégué ennemi prétend nous faire taire au moyen d'un mégaphone. Mais moi, officier de la resistance, sort du rang et demande la démocratie. Devant les insultes désobligeantes, nous partons à l'assaut de la forteresse principale. Là, même refus , mais première vraie tentative de contre attaque. Je me glisse courageusement entre les grilles et repousse les bloqueurs de lycée. je suis dès lors surnommé le " bloqueur de blocus". Mais là, suprême désillusion, un des proviseurs adjoints révéle son appartenance au mouvement ennemi en me disant de dégager. Ce qui est parfaitement contraire à ses obligations et mériterait sa démission, heureusement, je parviens à déposer une lettre de plainte au proviseur. A midi, les bloqueurs se sont regroupés à l'entrée principale, pour essayer de dissimuler leur nombre de plus en plus restreint. Un de mes courageux soldats enlève une de leurs banderoles et la cache, car accrochée à un mur, elle constituait un délit de prosélytisme politique.
Mardi 14 Mars : Nous sommes enfin reconnus et la parole m'est donnée. Après leur avoir rappelé l'immincende des bacs blancs, des concours et autres examen, je les exhorte à revenir en cours pour ne pas rester dans l'illégalité. Après un vote de république bananière, avec pression sur les électeurs, absence d'urnes et d'isoloirs ( en gros vote à main levé), nous sommes relegués dans un coin. Nos discous sont tous hués et le ton monte, quelques violences sont à regretter des 2 côtés. Nous promettant une entrée ouverté, ils nous dirigent vers une porte qu'ils ferment sous notre nez. Furieux, nous parlementons avant de nous concertons. Moi et mon valeureux partisan d'hier partons emprunter une scie à métaux, qui nous permettra d'entamer profondément une de leurs chaines. Voyant cela, ils nous menacent, se préparent à nous attaquer et nous insultent. Heureusement, notre proviseur calme le jeu. Alors que nous allions caser leur chaine, ils nous ouvrent une porte pour échapper à une honteuse défaite. Parallèlement, nous sommes reconnus par la presse, qui commence à parler de notre mouvement. Le soir, suite à une réunion au sommet, nous convenons d'un blocage partiel pour éviter tout débordement ultérieur.